« J’ai une question à te poser… »

C’est par cette petite phrase que débutent, souvent, avec mes petits camarades de jeu de régate, avec des coureurs d’une épreuve que j’arbitre et, plus rarement hélas, avec des entraineurs ou des parents, des conversations de parking qu’en passionnée de pédagogie, je savoure toujours avec volupté.

Formée à la dure école du conseil et fervente adepte de l’approche systémique et de l’école de Palo Alto, je sais que les avis/recommandations ne sont jamais aussi efficaces que lorsqu’ils sont reçus en réponse à une demande claire. Soucieuse de « clientéliser » et maximiser les chances d’être entendue et comprise, je vérifie souvent au préalable le contexte du cas qui m’est soumis pour m’assurer que la demande est bien de comprendre/apprendre… et non d’obtenir une consultation gratuite dont le résultat serait de renforcer une croyance fausse, de conforter quelque légende urbaine ou de rassurer le client sur son bon droit dans un récent litige avec un adversaire.

Cela vérifié, les questions m’amènent presque toujours à constater que ce qui manque à mes interlocuteurs est la clé pour trouver eux-mêmes la réponse, alors que leur connaissance des règles est bien là, parfois très développée. Ce qui semble manquer est une sorte d’algorithme de raisonnement permettant de s’assurer qu’on n’a pas oublié une règle dans un coin (reconnaissons que le dispositif règlementaire est pour le moins vaste et « à tiroirs »!), de hiérarchiser les connaissances, de ne pas se perdre en route… bref, d’arriver à une réponse satisfaisante avec un minimum de confiance sur la fiabilité du résultat.

« Donne un poisson à un homme, tu le nourris pour un jour. Apprends lui à pêcher, il se nourrira toute sa vie » nous dit Lao-Tseu. Ainsi se résume l’ambitieux objectif de ce blog mais aussi des formations que j’ai parfois l’occasion de dispenser aux coureurs ou aux arbitres. C’est également celui que je me fixe lorsque je réponds à une question entre deux portes, exercice qui s’apparente aux « Pitchs » professionnels où vous avez 2 mn, dans un ascenseur, pour convaincre un client croisé par hasard que vous connaissez parfaitement le sujet qui le préoccupe.

La plupart du temps, la question porte, bien sûr, sur un incident de course impliquant un ou plusieurs autre(s) coureur(s), et porte donc sur l’incontournable chapitre 2 des RCV: « Quand les bateaux se rencontrent ». Ce célèbre chapitre fournit en effet non seulement l’écrasante majorité des cas ISAF (jurisprudence) mais aussi la matière aux échanges les plus virulents sur les parkings de régate (quoique le cas Stamm lors du Vendée Globe 2009-2013 nous ait montré que la virulence pouvait s’étendre, sur le web, à d’autres volets des règles de course à la voile…).

Notons qu’une partie de la virulence de ces « échanges de point de vue approfondis » vient de la non clarification d’une question clé: le désaccord porte souvent non pas sur les règles mais sur les faits, chacun ayant une vision très personnelle de l’incident qu’il tente d’expliquer par sa tout aussi personnelle connaissance des règles. C’est une question centrale que j’ai toujours en tête lorsque je réponds à une question orale entre 2 portes. Je veille à être toujours très claire sur le lien entre ma réponse et les faits, supposés ou réels, auxquels elle s’applique et sur les éléments clés de ces faits qui conduisent à la conclusion que je propose.

Nous partirons donc de l’hypothèse que tout le monde est d’accord sur ce qui s’est passé pour aborder la question sous l’angle du raisonnement à suivre pour trouver la réponse. Et ce raisonnement s’appuie, en premier lieu, sur la compréhension de l’architecture de ce chapitre clé des règles du jeu.

Après avoir posé récemment les bases en présentant le dispositif règlementaire (« vous avez dit règle?« ), puis le lien entre règle et définition (« RCV mode d’emploi« ), voici venu,  le temps de se pencher sur ce fameux chapitre 2 des RCV à qui nous devons tant de discussions passionnées dans les bistrots, autour d’une table, voire devant la porte de la salle du jury. Pour bien commencer, il nous faut explorer la manière, finalement très logique, dont il est construit, pour s’apercevoir que son architecture est la clé du raisonnement à suivre pour analyser toute situation de course, aussi complexe soit-elle.

Quel meilleur moment que celui de cette nouvelle saison qui démarre pour démystifier enfin ce mystérieux chapitre?

Prêts? Le chapitre 2 des RCV, c’est ici.

Bonne lecture… et à vos commentaires, toujours aidants, via la page contact !

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